Il y a des livres qui étaient prévus dans une liste d’achat… et puis il y a ceux qui ont décidé qu’ils allaient rejoindre ma bibliothèque, que je le veuille ou non.
La librairie des rêves les plus fous de Gracie Page ne faisait absolument pas partie de mes achats prévus. Mais il faut dire qu’il avait sorti l’artillerie lourde : une couverture magnifique, un jaspage à tomber et un résumé qui a fini de me faire vaciller.
La première fois que je l’ai vu en librairie, il était là, tranquillement posé sur son étagère, à me regarder avec ses petits airs innocents. Mais je connais leur technique. Je sais qu’il ne faut pas se fier aux apparences avec les livres.
J’ai été forte. Je suis repartie uniquement avec les livres que j’avais prévus d’acheter. Je ne suis pas influençable, moi ! Enfin… presque.
Quelques jours plus tard, il était toujours là. Toujours aussi beau. Toujours à m’appeler depuis son étagère : « Achète-moi. Toi et moi, c’est une évidence. » Mais j’ai tenu. Je ne suis pas une fille facile.
Enfin… à la troisième visite, j’ai compris qu’il souffrait d’être abandonné là. Je pense même qu’il avait organisé son évasion avec un autre livre, parce qu’ils ont sauté tous les deux dans mon panier.
Et que pouvais-je faire ? Rien. Je suis une victime. Et puis, soyons honnêtes : il ne s’agit pas d’un craquage. Pas du tout. C’est un geste de bonté. Oui, parfaitement !
Parce qu’il faut bien faire vivre les librairies. Il faut bien soutenir les auteurs. Ces personnes travaillent dur pour créer des histoires capables de nous faire rire, pleurer, voyager et oublier le quotidien pendant quelques heures. Il serait donc profondément égoïste de les abandonner à leur sort.
Alors oui, parfois, un livre me suit jusque chez moi. Mais est-ce vraiment ma faute si je suis une lectrice engagée dans la sauvegarde du monde littéraire ? Je ne fais que mon devoir.
Les livres, eux, savent très bien qu’ils peuvent compter sur moi. Ils sont malins, très malins même. Ils repèrent leurs victimes avec une précision redoutable : une couverture magnifique, un jaspage irrésistible, quelques mots bien choisis en quatrième de couverture… et leur plan est déjà en marche.
Mais derrière tout ça, il y a surtout une mission : sauver les librairies, soutenir les auteurs et offrir une nouvelle maison à ces pauvres livres abandonnés sur leurs étagères.
Anna a 18 ans et vit à Londres. Son été commence plutôt mal : elle pense avoir raté ses examens de fin d’année, ce qui remet en question son entrée à l’université, et son petit ami lui annonce qu’il part faire un road trip en Europe… sans elle. Il a besoin de faire le point.
Autant dire qu’un changement d’air devient rapidement nécessaire.
C’est alors que le destin lui offre une occasion parfaite : partir quelques semaines chez sa tante Josie, dans les Cornouailles, pour l’aider dans sa librairie au bord de la mer. Direction Fox Bay, un petit village où l’attendent les embruns, les soirées sur la plage, les surfeurs… et une librairie qui semble posséder sa propre magie.
Sur place, Anna fait la connaissance de Raye, qui travaille déjà pour Josie, et de Jacob, un jeune surfeur qui vient parfois donner un coup de main à la librairie.
Et Fox Bay est exactement le genre d’endroit que j’aime retrouver dans ce type de roman. Un village où les habitants se connaissent, où chacun veille sur les autres, où l’entraide et la solidarité ne sont pas de simples mots. Une véritable bulle hors du temps.
Mais lorsque Josie se blesse et se retrouve hospitalisée plusieurs jours, Anna doit prendre la relève à la librairie. C’est alors qu’elle découvre que derrière les rayonnages remplis de livres et le charme du lieu se cache une réalité bien moins enchantée : La librairie des rêves les plus fous est en danger.
Les ventes sont au plus bas et la fermeture semble se rapprocher dangereusement.
Mais Anna n’est pas du genre à abandonner facilement. Avec l’aide de Serena, une habitante de Fox Bay qui se rêve en grande autrice (et dont la nièce Kathleen est, elle, une véritable écrivaine à succès), elle va avoir une idée complètement folle : organiser la soirée de lancement du prochain roman de Kathleen dans la librairie.
Une idée parfaite sur le papier… à condition que tout ne décide pas de partir de travers avant le grand soir.
J’ai beaucoup aimé Anna et son évolution tout au long de ce roman. Arrivée à Fox Bay après une succession de déceptions, elle va peu à peu se découvrir. Elle gagne en confiance, ose prendre des initiatives et réalise qu’elle est capable de bien plus qu’elle ne le pensait.
La communauté de Fox Bay apporte cette sensation de refuge que j’aime tellement retrouver dans les lectures qui font du bien. Ces romans où l’on referme la dernière page avec l’impression d’avoir passé quelques jours auprès de personnes que l’on aurait aimé rencontrer.
D’ailleurs, je crois que mes lectures suivent sans que je m’en rende compte un calendrier bien précis. L’été, j’ai besoin de romans réconfortants, de ces histoires qui permettent de souffler et de s’évader. Après une année intense à courir partout, à gérer mille choses et à affronter les méandres des administrations (la MDPH en tête…), ce sont exactement les lectures dont j’ai besoin pour déconnecter avant de repartir dans un nouveau rythme effréné. À partir d’octobre, place aux romances de Noël, puis de fin janvier au printemps, je retrouve mes grandes sagas familiales, souvent avec des intrigues historiques et notamment autour de la Seconde Guerre mondiale.
Concernant la romance dans La librairie des rêves les plus fous, elle reste légère, douce et assez prévisible, mais elle trouve parfaitement sa place dans l’histoire. Elle prend son temps et ne vient jamais éclipser ce qui fait la vraie force du roman : les liens humains, les nouveaux départs et cette librairie pleine de charme.
Une lecture idéale pour l’été, une jolie parenthèse au bord de la mer, pleine de douceur et de chaleur humaine.
Un vrai coup de cœur pour cette librairie qui m’a choisie avant même que je décide de l’acheter.
Mieux vaut avoir rêvé mille rêves qui ne se sont jamais réalisés que de n’avoir jamais rêvé » – Pouchkine
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Bien entendu, si vous en avez la possibilité, je ne peux que vous encourager à privilégier vos librairies indépendantes.