Il existe un monstre dans ma maison. Il ne fait pas de bruit. Il ne casse rien. Il ne mange pas mes réserves de nourriture. Mais il prend de la place. Beaucoup de place.
Son nom ? Ma PAL. Ma pile à lire.
Et contrairement à beaucoup de personnes qui essaient désespérément de la réduire, j’ai décidé d’adopter une stratégie différente : Je la nourris.
Volontairement. Régulièrement. Avec amour. Parce qu’au fond, une PAL n’est pas un problème. C’est une promesse.
Une promesse de futures histoires, de futurs voyages, de futurs moments où je pourrai m’installer tranquillement avec un livre et oublier le monde pendant quelques heures.

Bon… Il faut quand même reconnaître une chose. Ma PAL a parfois un comportement inquiétant. Elle me regarde. Elle attend. Elle sait parfaitement que je vais finir par craquer. Le fameux « je vais juste regarder ».
Toute lectrice connaît cette phrase. « Je vais juste regarder. » Une phrase innocente. Une phrase dangereuse. Parce qu’on sait comment ça se termine. On entre dans une librairie. On regarde les nouveautés. On feuillette un livre. Puis un deuxième. Puis un troisième. Et soudain, on se retrouve avec plusieurs livres dans les bras en se demandant comment cette situation a pu arriver. Non en vrai, moi je ne me pose jamais cette question. Ma fille oui.
Personnellement, je suis quelqu’un de très raisonnable (ma fille confirme derrière moi, pendant que j’écris. Si je vous jure !). Enfin… j’essaie d’être raisonnable.
Le problème, ce n’est pas moi. Ce sont les livres. Ils savent se rendre indispensables.
Une couverture magnifique. Un résumé qui donne envie. Un auteur qu’on aime déjà. Et voilà. Le futur pensionnaire de la PAL est choisi. Bienvenue dans notre famille, mon petit. Tu verras, tu y seras bien 🤗

Le plus drôle, c’est que ma PAL n’est pas un simple empilement de livres. Elle a une organisation. Parce qu’évidemment, même dans mon chaos, il y a une logique.
Les grands formats ont leur place. Les sagas attendent patiemment leur tour. Les livres que je veux absolument lire rapidement sont mis en évidence. Et les autres patientent. Certains depuis plus longtemps que prévu. Mais je refuse de culpabiliser. Un livre n’est jamais vraiment en retard. Il arrive simplement au bon moment. Parfois, un roman acheté il y a plusieurs mois devient exactement celui dont j’ai besoin aujourd’hui.

Le plus grand piège avec les livres, c’est qu’on ne finit jamais vraiment d’avoir envie d’en découvrir d’autres. On pourrait avoir une PAL immense. Elle pourrait remplir une pièce entière. On pourrait se dire : « Cette fois, j’arrête. » Et puis arrive une nouvelle sortie. Un conseil d’un autre lecteur. Une couverture magnifique. Un auteur qu’on veut découvrir.
Et la PAL regarde le nouveau venu arriver avec résignation. Encore un. Elle soupire. Mais elle accepte. Parce qu’elle sait qu’elle n’a pas vraiment le choix.

Et puis, soyons honnêtes : je ne suis pas seule responsable. Mes filles participent aussi à cette histoire. Je vous laisse imaginer ma grande derrière moi qui lit pendant que je tape (j’ai horreur de ça, j’ai l’impression d’être à l’époque du lycée, quand le prof de maths se plaçait derrière moi pendant les évaluations et que je plaçais mon bras sur ma copie pour qu’il ne puisse pas lire. Bon là, sur PC, c’est compliqué). Là, elle fait ce truc avec le regard. Vous savez le regard de l’ado qui te juge. Vous le connaissez sûrement si vous avez des adolescents à la maison.
La grande a ses lectures. La petite aussi. Les livres circulent dans la maison. On échange nos avis. On conseille des romans. On parle d’histoires.




(avec certains livres de mes livres cachés dedans 🤫)
Finalement, difficile de considérer les livres comme une simple accumulation quand ils créent autant de moments partagés.
Alors oui, ma PAL est grande. Très grande. Peut-être même inquiétante pour quelqu’un qui ne lit pas.
Mais moi, je la regarde et je vois surtout des possibilités. Je vois des aventures que je n’ai pas encore découvertes. Des personnages que je n’ai pas encore rencontrés. Des émotions que je n’ai pas encore ressenties.
Alors non, je ne vais pas essayer de vaincre ma PAL. Je vais continuer à la nourrir. Parce qu’un monstre pareil, quand il est composé de livres, est probablement l’un des plus agréables à avoir chez soi.
En plus, c’est inhumain de laisser quelqu’un mourir de faim. Et puis… il faut bien sauver le monde du livre, non ?
Ma PAL a une mission. Je ne fais que l’aider. Parce que je ne craque pas. Je soutiens l’économie du livre.