Après ma lecture de la Chronique des Bridgerton, j’ai enchaîné pendant plusieurs semaines avec des romances de Noël, comme j’en ai l’habitude à cette période.
Puis, une fois cette période terminée, fin janvier, je suis revenue vers des lectures plus longues et structurée, notamment les sagas familiales et romans historiques.
C’est donc avec ce type de lecture que j’entame l’année 2021, en commençant par le deuxième tome de La Villa aux étoffes d’Anne Jacobs, Les filles de la villa aux étoffes, qui se déroule en 1916, à Augsbourg, en Allemagne, en pleine Première Guerre mondiale.
Dans ce tome, j’ai particulièrement été marquée par le fait que l’on est véritablement dans une histoire centrée sur les femmes. Le roman montre à quel point, pendant la guerre, elles deviennent essentielles : ce sont elles qui font tourner les maisons, les familles, mais aussi les entreprises. Les hommes sont absents, partis au front, et les seuls encore présents sont ceux qui ne peuvent pas combattre, soit parce qu’ils sont trop âgés, soit parce qu’ils sont blessés ou malades.
La villa est transformée en hôpital afin d’accueillir les soldats blessés, ce qui change complètement son fonctionnement et son atmosphère. Pendant ce temps, Marie, désormais mère de jumeaux, se retrouve à gérer l’usine et à faire en sorte de maintenir l’activité familiale et économique pour éviter la ruine. Avec la guerre et la crise, il devient nécessaire de produire des tissus moins nobles, moins coûteux, ce que le beau-père refuse catégoriquement, en s’entêtant à vouloir continuer comme avant, sans tenir compte de la situation.
Kitty, de son côté, vient de mettre au monde une petite fille. Elle reste fidèle à son tempérament plus frivole, même si le contexte de guerre pèse forcément sur le quotidien de chacun.
Lisa occupe également une place importante dans ce tome. C’est notamment elle qui pousse à la transformation de la villa en hôpital. Alors qu’elle était plutôt perçue dans le premier tome comme superficielle et envieuse, on découvre ici un personnage bienveillant envers les blessés, qui évolue et gagne en profondeur.
On suit aussi Hubert, le jeune valet, envoyé dans les tranchées, ce qui rappelle que la guerre touche toutes les classes sociales, sans exception.
Ce que j’aime particulièrement dans ce roman, c’est aussi le fait que l’on adopte un point de vue du côté allemand. On oublie souvent que les populations des deux camps vivent les mêmes privations et les mêmes difficultés. Cela permet de nuancer la vision du conflit et de montrer que, de part et d’autre, les souffrances sont similaires, même si l’on a parfois tendance à simplifier les choses en opposant directement “ennemis” et “alliés”.
Dans ce tome, on suit donc une famille et son entourage au quotidien pendant la guerre, avec des visions multiples, entre front, arrière et vie civile bouleversée.
Ce deuxième tome confirme immédiatement mon attachement à l’univers de la famille Melzer et à la demeure qui structure toute la saga.
Un roman immersif et réussi, centré sur le rôle des femmes pendant la Première Guerre mondiale, qui montre avec intensité la transformation d’une famille, d’une entreprise et d’une maison devenue hôpital dans un contexte de guerre long et éprouvant. Un véritable coup de cœur.
Dans la même série :
- Tome 1 : La villa aux étoffes
- Tome 2 : Les filles de la villa aux étoffes (chroniqué ici)
- Tome 3 : L’héritage de la villa aux étoffes
- Tome 4 : Retour à la villa aux étoffes
- Tome 5 : Tempête sur la villa aux étoffes
- Tome 6 : Les adieux à la villa aux étoffes
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