feel good

La résilience du cochon d’Inde

Il y a des romans qui racontent des vies cabossées… et d’autres qui réussissent à en faire quelque chose de lumineux. La résilience du cochon d’Inde de Karine Degunst fait clairement partie de cette seconde catégorie. J’ai adoré cette lecture.

On suit Mia, qui quitte Paris avec son mari et leurs deux enfants, convaincue par ce dernier que la campagne offrira un meilleur cadre de vie pour la famille. Le couple, resté en très bons termes, se sépare néanmoins peu de temps après ce changement de vie, et Mia se retrouve à devoir réinventer son quotidien rural, avec ses enfants en garde alternée une semaine chez leur père et une semaine chez elle.

Dans cette nouvelle vie, Paulette joue un rôle central. C’est elle qui accompagne Mia, notamment dans l’apprentissage du potager, geste simple mais profondément symbolique, qui devient peu à peu un ancrage dans ce nouveau monde rural.

Autour d’elles, une galerie de personnages particulièrement réussis donne toute sa richesse au roman. Denise notamment, à travers une ancienne amitié avec Paulette, incarne une fracture plus large du monde agricole. Deux visions s’opposent : celle de la modernisation, de la mécanisation et du rendement, et celle d’un attachement plus traditionnel à la terre, aux animaux, à une agriculture plus vivante. Cette opposition, loin d’être théorique, laisse des traces profondes dans les relations humaines.

Le roman explore aussi, avec beaucoup de finesse, la question des origines et des secrets de famille, à travers une photographie ancienne, des recherches discrètes et une enquête intime qui met en lumière des choix difficiles, des abandons et des vérités longtemps enfouies.

Mais La résilience du cochon d’Inde, c’est aussi le quotidien de Mia et de ses enfants, la recomposition d’une vie après cette séparation, et des touches plus légères qui apportent beaucoup de douceur à l’ensemble. Notamment l’adoption d’un cochon d’Inde, Paul, puis Pote, pour que le premier ne soit pas seul — une idée à la fois tendre, drôle et symbolique, qui donne tout son sens au titre.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la manière dont Karine Degunst parvient à mêler tous ces fils narratifs sans lourdeur. On passe des émotions aux réflexions, du social à l’intime, avec une grande fluidité.

C’est un roman divertissant, touchant, qui fait du bien. Un vrai feel-good, au sens noble du terme : celui qui parle de reconstruction, de liens humains, et de ces petits pas du quotidien qui finissent par tout changer.

Je découvre ici Karine Degunst grâce à ce service presse, et je la remercie pour cette très belle découverte.

Résumé

Mia, fraîchement divorcée, s’accommode moyennement de sa nouvelle vie en milieu rural et des odeurs de lisier qui chatouillent le nez certains matins. La campagne peut être rude. Heureusement, il y a Paulette, cette vieille paysanne acerbe et vive dont Mia écrit les mémoires. Paulette va lui faire découvrir le nom des plantes, les beautés de la simplicité et les caresses de la bruine tandis que Mia tente de résoudre un secret de famille. Qui sait, il pourrait bien redonner du baume au cœur à sa vieille amie. Et puis, il y a Paul, le cochon d’inde. Paul se laisse vivre, bouffe du pourpier, défèque dès qu’il mange et surtout, surtout, ne se pose pas de questions inutiles. Et si Mia faisait comme lui ? Si elle se laissait porter par le vent ? La campagne. Beaucoup s’y sont précipités après le Covid. Quitter la ville, trouver de la sérénité. Les néo-ruraux ont soudainement pullulé. Certains l’ont vite quittée, d’autres se sont découverts. J’ai voulu parler de Mia, quarantenaire, en perte de repère dans une époque troublée. La génétique lui a filé de l’humour, à la place des gros seins. Elle va découvrir ce monde magnifique, fracturé par le remembrement agricole mais animé par la résilience.

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